La France a enfin une stratégie nationale pour l’Économie Sociale et Solidaire
Plus de dix ans après la loi fondatrice de 2014, la France franchit une nouvelle étape pour l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). L’État vient de finaliser sa toute première stratégie nationale dédiée à l’ESS. Fruit d’une large concertation menée tout au long de l’année 2025 avec les Régions, les réseaux nationaux et plus de 2 300 citoyens consultés en ligne. En tant qu’organisme titulaire de l’agrément ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale), cette actualité nous concerne directement. On vous explique pourquoi.
L’ESS, un pilier économique trop souvent méconnu
Avant d’entrer dans le détail de cette stratégie, un rappel s’impose sur le poids réel de l’économie sociale et solidaire en France. En 2021, l’ESS représentait 10 % du PIB national et 13,7 % de l’emploi privé, soit 2,7 millions de salariés répartis dans 150 000 entreprises employeuses. Le tout porté par près de 1,5 million d’associations, plus de 21 000 coopératives, 8 300 mutuelles et 5 300 fondations.
Loin d’être une économie de niche, l’ESS irrigue le quotidien de millions de Français. L’accueil de la petite enfance, l’accompagnement du grand âge, la formation professionnelle, le logement social, la culture, le sport… Elle joue également un rôle particulièrement important dans les territoires les plus fragiles. Représentant 17,7 % de l’emploi privé en zone rurale, bien au-dessus de la moyenne nationale.
Cinq axes pour structurer l’avenir de l’ESS
Cette première stratégie nationale s’articule autour de cinq grands axes complémentaires :
- Pilotage, concertation et territoires. Création d’un comité interministériel de l’ESS piloté depuis Matignon, renforcement du maillage territorial et des chambres régionales de l’ESS (CRESS).
- Financement et investissement. Amélioration de la visibilité des financements publics, mobilisation renforcée de la Caisse des Dépôts et de Bpifrance, développement de la finance solidaire.
- Contribution aux grandes transitions. Positionnement de l’ESS comme actrice de la transition écologique, numérique, démographique et économique. Avec une attention particulière portée aux filières stratégiques comme l’économie circulaire, l’industrie ou les énergies renouvelables citoyennes.
- Attractivité et visibilité. Développement de l’éducation à l’ESS dès le plus jeune âge, renforcement de l’attractivité de ses métiers, notamment auprès des jeunes générations.
- Rayonnement européen et international. Défense des positions françaises dans les cadres européens et consolidation de la présence française dans les instances multilatérales dédiées à l’ESS.
Des objectifs chiffrés accompagnent cette feuille de route. Porter la part de l’ESS dans l’emploi privé de 13,7 % à 15 % d’ici 2030, ou encore faire passer le nombre de reprises d’entreprises sous forme coopérative de 74 à 1 000 par an sur la même période.
Un axe qui nous parle directement : rendre les métiers de l’ESS attractifs
Parmi les constats posés par cette stratégie, l’un résonne particulièrement avec notre mission quotidienne. Malgré son poids économique réel, l’ESS souffre encore d’un déficit de notoriété qui freine son attractivité. En particulier auprès des jeunes générations. La stratégie prévoit justement de renforcer l’attractivité des métiers de l’ESS et de développer l’éducation à ce mode d’entreprendre. Également dans l’enseignement secondaire et supérieur.
C’est très exactement la mission que nous portons au quotidien. Faire découvrir à des jeunes, parfois éloignés de l’emploi ou en recherche de perspectives, un secteur et des métiers qu’ils ne connaissent pas forcément : la construction modulaire hors site. Tout en les intégrant dans un modèle économique porté par des valeurs de solidarité et d’utilité sociale, propres à l’ESS.
Un ancrage territorial qui fait écho à notre engagement
La stratégie nationale insiste également beaucoup sur le rôle de l’ESS dans la revitalisation des territoires. Qu’ils soient ruraux, ultramarins ou situés en zone urbaine prioritaire. Création d’emplois non délocalisables, insertion par l’activité économique, structuration de filières locales… Autant d’enjeux qui rejoignent directement notre vocation : former des professionnels à un métier d’avenir, ancré dans les territoires, et répondre aux besoins très concrets d’un secteur du BTP en tension.
Le rôle particulier de l’agrément ESUS dans cette stratégie
La stratégie nationale accorde une attention particulière à l’agrément ESUS, délivré aux entreprises et organisations qui démontrent la recherche d’une utilité sociale au cœur de leur modèle économique. L’État fixe d’ailleurs un objectif chiffré : faire passer le nombre de structures agréées ESUS de 2 896 aujourd’hui à 3 500 d’ici 2030. Plusieurs actions sont prévues pour y parvenir. Par exemple, la généralisation d’une plateforme dématérialisée pour simplifier les demandes d’agrément, et un effort de communication pour mieux faire connaître ce label auprès du grand public et des investisseurs.
Cette reconnaissance n’est pas une simple formalité administrative. Elle atteste qu’une structure place l’utilité sociale au centre de son projet économique, avec des règles de gouvernance et de gestion spécifiques. C’est précisément le cas de Forma’Cargo.
Une reconnaissance qui nous engage
En tant qu’organisme titulaire de l’agrément ESUS, Forma’Cargo s’inscrit pleinement dans cette dynamique nationale. Contribuer à l’insertion professionnelle, rendre visibles des métiers d’avenir trop souvent méconnus, et ancrer notre action dans l’intérêt collectif plutôt que dans la seule recherche de profit. Cette stratégie nationale vient conforter, à l’échelle de tout un secteur, une conviction que nous portons depuis notre création.
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