Transition écologique : bonne intention, mauvaise direction ?
Former les jeunes oui, mais pour de vrais métiers d’avenir.
On l’entend partout. Dans les discours institutionnels, dans les projets éducatifs, dans les programmes de formation : la transition écologique est devenue l’argument phare, incontournable, presque automatique. À tel point qu’elle semble parfois servir de justification à des initiatives qui, malgré leur intention bienveillante, interrogent quant à leur réelle utilité pour l’avenir professionnel des jeunes.
Car au-delà du slogan, une question demeure :
Est-ce que toutes les formations “vertes” proposées aujourd’hui donnent réellement un avenir aux jeunes ?
Une expression devenue fourre-tout
“Transition écologique”. Deux mots puissants, nécessaires, mais aujourd’hui utilisés à tort et à travers.
L’urgence climatique est réelle, personne ne la conteste. Mais elle ne doit pas devenir un paravent permettant de créer des formations déconnectées des réalités économiques et des besoins du marché du travail.
À force de tout y rattacher, on finit par en faire un mot-valise, au risque de perdre de vue l’essentiel : former durablement, c’est former utilement.
Le décalage entre discours institutionnel et aspirations des jeunes
Contrairement à ce que certains imaginent, les jeunes ne rejettent pas l’écologie. Au contraire : ils veulent y contribuer. Ils veulent avoir un impact. Mais ils ne veulent pas pour autant sacrifier :
- leur employabilité,
- leur niveau de vie,
- ou leur ambition.
Les études le montrent : ils recherchent avant tout des métiers qualifiés, valorisés, techniques, bien rémunérés, situés dans des secteurs innovants :
- énergies nouvelles,
- numérique,
- construction durable,
- industrie verte,
- technologies avancées,
- rénovation énergétique,
- ingénierie environnementale.
Respecter la planète, oui. Mais pas au prix d’un avenir professionnel incertain.
Le risque d’une vision naïve ou rétrograde de l’écologie
Dans certains dispositifs dédiés aux jeunes — et notamment aux NEET — on propose souvent des formations centrées sur :
- le maraîchage,
- l’agriculture biologique,
- la reconnexion à la nature,
- des ateliers “écolo” à faible technicité.
Ces activités peuvent être belles, utiles, nécessaires. Elles peuvent même être enrichissantes à titre personnel.
Mais ce ne sont pas, pour la majorité des jeunes, des métiers d’avenir. Le maraîchage, comme beaucoup de métiers agricoles, traverse une crise profonde : faible rémunération, modèle économique fragile, saisonnalité, pénibilité. Imaginer qu’ils constituent “la solution” pour des publics jeunes en quête de qualification solide est, au mieux, optimiste… au pire, dangereusement simplificateur.
La transition écologique ne se résume ni à jardiner, ni à “retourner à la terre”. Elle exige des compétences techniques, de l’innovation, du numérique, de l’ingénierie, de la capacité à transformer des secteurs entiers.
Les vrais métiers d’avenir liés à la transition écologique
Si l’on veut vraiment préparer les jeunes à demain, il faut regarder la réalité en face : la transition écologique est un accélérateur de technologies.
Les emplois les plus porteurs se situent dans :
- les énergies renouvelables : hydrogène, photovoltaïque, réseaux intelligents, batteries, stockage, conversion ;
- le bâtiment bas carbone : rénovation énergétique, construction modulaire hors-site, matériaux innovants, économie circulaire (dont Forma Cargo fait partie) ;
- les transports propres : mobilités douces, véhicules électriques, conception mécanique ;
- l’industrie verte : procédés bas carbone, économie circulaire industrielle ;
- la tech environnementale : data, capteurs, robotique agricole de précision, monitoring énergétique.
Ces métiers sont :
- qualifiés
- bien rémunérés
- en pénurie de main-d’œuvre
- durables
- au cœur de la transformation écologique réelle
Bref : ce sont eux, les vrais métiers d’avenir.
Former les jeunes oui, mais avec lucidité
La bonne question n’est pas : “Comment reconnecter les jeunes à la nature ?”
La vraie question est : “Comment leur permettre d’être acteurs d’une transition écologique moderne, exigeante, ambitieuse — et compatible avec un avenir professionnel solide ?”
Pour cela :
- Il faut écouter leurs ambitions.
- Il faut leur offrir des compétences techniques réelles, transférables, utiles.
- Il faut éviter les dispositifs “symbole”, qui cochent les bonnes cases sans créer de vraies opportunités.
- Il faut sortir d’une vision romantique et passéiste de l’écologie.
La transition écologique mérite mieux qu’un slogan
La transition écologique doit être un horizon structurant, pas un mantra auquel tout serait rattaché.
Elle exige de la technicité, de l’innovation, des infrastructures, de la construction durable, du numérique, de l’ingénierie.
Elle exige aussi qu’on ne trompe pas les jeunes avec des formations qui “sonnent bien” mais ne mènent nulle part.
Former réellement, c’est former pour l’avenir. L’écologie n’est pas un retour en arrière : c’est un saut technologique. À nous de préparer les jeunes à le franchir.